Le fabuleux monde de Monsieur Networking
Son stand n’est pas des plus fréquentés au salon, admettons-le. Mais cela ne semble pas trop déranger ce représentant, un homme aux cheveux déjà grisonnants qui a l’air d’en avoir vu d’autres : un café à la main, il reste détendu. D’ailleurs, les étudiants ont tort de ne pas venir, puisque c’est ici que se trouve la clé du succès pour un chercheur d’emploi : les relations humaines, nous confie notre interlocuteur avec un sourire, avant de se lancer dans une longue explication.

« Etre très actif dans le monde associatif, faire partie de clubs… », détaille-t-il. Justement, il est à ce salon d’étudiants pour représenter une association d’entrepreneurs qui se donne comme but avoué de favoriser les rencontres, les échanges, la création d’amitiés entre ses membres. La cotisation est importante pour un budget étudiant : 550 francs par année. Mais « c’est moins qu’un café par jour », précise le représentant, et certains étudiants seraient disposés à investir ce chiffre. Hé oui, parce qu’avec ses 1200 affiliés, dont la plupart sont des dirigeants d’entreprise, on imagine facilement que l’association peut se révéler être une bonne porte d’entrée vers le monde professionnel. Certes, il faut s’investir, oublier les apéritifs entre amis. Si on veut réussir, c’est désormais aux « afterworks » qu’il faut dédier son temps libre. Y guetter l’attention des dirigeants les plus intéressants et, peut-être, profiter d’une journée de golf pour leur glisser un CV entre les mains, ou du moins leur soutirer de précieux conseils. .
Que celui qui n’a jamais cru dans le networking lui jette la première pierre ! Mais il est vrai que, même si on en parle souvent, n’est pas si commun de pouvoir profiter d’une théorisation si complète du fameux ‘réseautage’, par un professionnel du milieu. Pour lui, il ne s’agit pas d’une activité sporadique. Le networking, c’est une activité quotidienne, permanente et très absorbante. C’est par des contacts informels que tout se joue, et c’est pourquoi il n’est pas judicieux de choisir ses loisirs au hasard, sous prétexte que l’horaire de travail est fini.
Chacun peut aboutir aux conclusions qu’il préfère, et probablement cette philosophie va en rebuter plus d’un. Reste le fait que 80% du marché du travail est caché, selon notre interlocuteur, c’est-à-dire qu’il n’apparaît ni sur Internet, ni dans les journaux que les jeunes en recherche d’emploi parcourent quotidiennement. Face à l’idée d’être un peu trop nombreux à se partager les 20% restant, n’aura-t-on pas un jour ou l’autre envie d’augmenter nos chances ?
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